Entreprenariat Féminin

Mme Minielle Tall ou le parcours d’une entrepreneure engagée

De son propre aveu, il ne lui avait jamais traversé l’esprit d’être son propre patron, d’avoir son propre business.
Après des études de communication au Canada où elle a vécu sept ans, Minielle revient au bercail pour trouver du travail. Seulement, depuis le Québec, elle a décidé de garder ses cheveux naturels et a pensé qu’en Afrique en général et au Sénégal en particulier, ce serait plus facile d’entretenir ses cheveux. Pour son plus grand malheur, il n’en est rien, car à l’époque (2006), l’offre était inexistante. Elle décide, égoïstement (elle le confesse),
d’ouvrir un salon de coiffure «Nappy» pour, avant tout, avoir un endroit où l’on pourrait s’occuper de ses cheveux naturels. C’est ainsi que «Elle Émoi» (premier salon de coiffure pour cheveux crépus du Sénégal) voit le jour.
Elle avait soit la possibilité de partir de ex-nihilo, soit de reprendre une affaire. Elle choisit la deuxième option. Motivée et volontaire, elle a effectué des démarches pour tous les circuits traditionnels, sans aucun succès. Tous ceux qu’elle avait rencontrés, ne trouvaient pas le business vendeur. Considéré par beaucoup comme la solution
la moins chère pour celles qui ont fait le choix de revenir au naturel, investir dans ce segment de la beauté noire était tout simplement impensable. «En 2006, se souvient-elle, il n’y avait pas autant de possibilités. Aujourd’hui, c’est différent.» Elle n’a pas baissé les bras et décida de relever le défi : réussir où personne ne l’attendait. C’est alors qu’elle a eu en idée de demander de l’aide à ses proches (famille et amis proches). «Il ne faut pas
être gourmande, nous confie-t-elle. Pas plus de 50.000 FCFA par personne. De son avis, ce sont les petits moyens qui font des grands plus. Seulement, cette levée de fonds pour le moins atypique pour la création d’une entreprise n’était pas suffisante ; pour se donner les chances de toucher son rêve, elle a vendu des parts de son affaire lui
permettant ainsi de réunir le capital pour se lancer. Pendant deux ans, elle ne se versait pas de salaire ; bien trop occupée à gérer les charges fixes et autres imprévus. De plus, tout l’argent qu’elle y injectait, ne suffisait pas pour couvrir toutes les charges. Comme c’est souvent le cas quand on innove, personne ne lui prédisait un avenir radieux : pour s’en sortir, elle a dû se résoudre à écrémer son positionnement sur le marché. C’est à force de passion, de courage, de rigueur et d’abnégation que la jeune entrepreneure a ouvert non pas un, mais deux salons au Sénégal. De nos jours, dans un paysage fortement concurrentiel, le cheveu crépu n’est plus aussi marginal qu’avant et commence à se faire accepter. Beaucoup de salons surfent sur la vague du retour aux cheveux naturels. Mme Tall, quant à elle, peut se vanter d’être la pionnière qui a ouvert la voie en montrant que le «repli identitaire» a du potentiel et qu’il faut y croire et se donner les moyens de ses ambitions.
Leyopar

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