Société

La reproduction en Afrique de l’Ouest

Par santé en matière de reproduction, on entend le bien être général, tant physique que mental et social, pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement. Cela suppose qu’une personne est capable de procréer et libre de le faire aussi souvent ou aussi peu
souvent qu’elle le désire. Plusieurs points entrent en jeu relativement à la santé de la reproduction, notamment sur : le droit d’être informés et l’utilisation de la méthode de planification familiale de son choix, ainsi que d’autres méthodes de leur choix qui ne soient pas contraires à la loi. Ces méthodes doivent être sûres, efficaces, abordables et acceptées par les utilisateurs. La Santé de la reproduction implique aussi le droit d’avoir accès à des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien de la grossesse à l’accouchement, jusqu’ au postpartum. Il va de soi que la santé maternelle est étroitement liée à celle de la reproduction, elle réfère à la santé de la femme durant la grossesse, l’accouchement et après l’accouchement. Si pour certaines femmes, la grossesse est souvent une expérience enrichissante, pour d’autres par contre, c’est un supplice. Un supplice tout simplement à cause de la morbidité maternelle qui est une maladie survenue en dehors d’une grossesse ou d’un accouchement normal et affectant négativement la santé d’une femme durant cette période1 . La fistule obstétricale, type de morbidité, est une des lésions les plus graves et les plus dangereuses susceptibles de survenir lors
d’un accouchement. Il s’agit en effet de la perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, due à un arrêt prolongé. Beaucoup l’ignore, mais les différents facteurs qui entrent en jeu sont : la
pauvreté, la malnutrition (à l’origine de retards de croissance et de déformations osseuses), le faible niveau de la scolarisation, le poids des croyances traditionnelles (causes du premier
retard : prises de décisions tardives, les tabous divers autour de l’accouchement, etc.), les mariages et les grossesses précoces, les multiples grossesses, les mutilations génitales féminines, les services de santé déficients, et les discriminations basées sur le genre sont les causes multiples à la base de la fistule obstétricale, l’absence des services obstétricaux d’urgences, l’insuffisance
de ressources qualifiées, l’enclavement de plusieurs localités, le manque de ressources financières empêchent à une bonne partie des femmes enceintes de faire les consultations prénatales. Ce qui fait que 31,5% des femmes accouchent sans assistance d’un personnel. Ces effets sont malheureusement dévastateurs : mort du bébé dans la plupart des cas ; Incontinence chronique chez la femme, incapacité de contrôler l’écoulement de l’urine ou l’excrétion des matières fécales, abandon du mari et de la propre famille de la femme, voire bannie de sa communauté, ulcères et infections, maladie rénale, voire la mort, la déshydratation, les séquelles nerveuses au niveau des jambes laissent certaines d’entre elles incapables de marcher. En Afrique, la fistule est considérée comme la «maladie de la honte». Les femmes ressentent de la honte et sont victimes de discrimination sociale. La fistule obstétricale fait des ravages et les
chiffres parlent d’eux-mêmes. En Côte d’Ivoire (Abidjan), chaque année dans le monde, entre 50 000 et 100 000 femmes présentent une fistule obstétricale. En Afrique et en Asie, plus de deux
millions de jeunes femmes vivent avec cette complication non traitée2 . Au Sénégal, Tambacounda est la région la plus touchée, elle présente l’un des taux le plus élevé de naissances à domicile (64%), ainsi que la pauvreté et l’analphabétisme chez les femmes (89%)3.
En Mauritanie, entre 2 700 et 3 000 de femmes et jeunes femmes souffrent silencieusement de la fistule obstétricale, soit parce qu’elles ne savent pas que cette maladie se traite et se guérie, ou
qu’elles n’ont pas les moyens de faire face au traitement qui est souvent couteux4.
Heureusement, que la fistule obstétricale peut être évité et ceci, par le biais du planning familial / en espaçant des naissances, les soins prénatals et assistance qualifiés à l’accouchement et les soins postnatals, à la gestion des complications obstétricales et néonatales, la prévention et le traitement de toutes les infections de l’appareil génital et sexuel, au diagnostic rapide et traitement du cancer du sein et le cancer du col de l’utérus, à la gestion de la violence sexiste, au découragement actif des pratiques nuisibles, telles que les mutilations génitales comme la mutilation génitale féminine. Une autre bonne nouvelle pour les femmes et leur entourage, la fistule obstétricale se guérit grâce à une intervention chirurgicale. Si dans certains pays le traitement coûte cher, dans d’autres comme au Sénégal, et au CHU de Yaoundé (Cameroun), il est gratuit. Pour toute information supplémentaire, il serait mieux de noter dans nos agendas que le 23 mai marque la journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, ceci dit, elle concerne tout le monde, alors levons-nous et, d’une seule voix, luttons contre cette lésion afin de se rapprocher du cinquième Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) qui consiste à améliorer la santé maternelle d’ici fin 2015, et à redonner le sourire à ces femmes, à la femme, mère de l’humanité, il est inadmissible qu’elle donne la vie pour perdre la sienne.

ELIANE NYOBE

La reproduction en Afrique de l’Ouest
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