Entreprenariat Féminin

«En Afrique, la Femme n’a pas encore trouvé la place qu’elle mérite dans la famille, la société et dans l’appareil étatique»

«En Afrique, la féminisation de la pauvreté demeure toujours un problème aigu»
Présentation
Je suis Docteur Anta SANE, Professeure de Sciences Politiques à Howard University de Washington DC. J’enseigne les relations internationales, les politiques publiques et les sciences politiques. Je donne également des cours sur les politiques africaines, la gouvernance dans les pays en voie de développement ainsi que sur l’impact de la mondialisation au niveau des politiques mondiales à l’Université de James Madison dans l’Etat de Virginie. J’ai commencé mes cours élémentaires à Dakar, à l’institution Sainte Jeanne D’arc, et c’est après l’obtention du Bac que je suis partie aux Etats-Unis. J’ai commencé mes études universitaires à Suffolk University de Boston, où j’ai eu ma Licence en communication et journalisme, ainsi qu’en études Afro-Américaines. Je suis allée ensuite en Caroline du Nord, à Charlotte, où j’ai commencé à travailler dans le milieu bancaire, précisément à Wells Fargo Bank, pendant huit (8) ans. Parallèlement
à ce job où j’ai occupé des postes différents, comme Chargé de clientèle pour finir Chef d’Agence, j’ai préparé en même temps mes deux Masters, un MBA en Concentration Finance et un autre en Leadership des Organisations.  De huit (8) à dix-huit (18) heures, j’étais au travail à la banque, et après j’allais aux cours jusqu’à vingt-une (21) heures, et cela pendant trois (3) ans. Ce n’était pas facile du tout de cumuler le travail de Manager d’une banque et de faire ses deux Masters en même temps. Mais, j’étais déterminée à y arriver. Les études ont toujours été, pour moi, une priorité et une importance capitale. J’ai toujours eu cette
passion pour l’éducation, car pour moi, c’est à travers le savoir, la connaissance que l’on peut exceller, mieux communiquer avec les autres, régler et changer beaucoup de choses dans le monde. Je crois et je vis à travers cet adage de Nelson Mandela qui dit, par rapport à l’éducation, qu’elle est «l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde». Donc, il faut miser sur l’éducation, car pour moi, elle est importante dans tous ses aspects et aide à un destin
meilleur. C’est dans ce sens que j’ai toujours voulu aller au sommet pour mes études.
Un peu plus sur ce parcours parsemé de défis et d’opportunités…
Avant de poursuivre mes études de PhD (Doctorat), j’ai eu un grave accident de voiture à Charlotte, en Caroline du Nord (EtatsUnis). Alors que je revenais de ma pause déjeuner, ma vie bascula en 5 minutes. Je ne pouvais plus marcher. J’ai subie plusieurs opérations, et les médecins eux-mêmes ne savaient pas quel jour
j’allais remarcher. J’ai été paralysée des pieds pendant quatre (4) ans. Il m’a fallu tout ce temps pour réapprendre à marcher. J’avais été transférée directement du lieu d’accident à l’hôpital, et de l’hôpital au centre de réhabilitation, en Caroline du Sud, où j’ai réappris à marcher comme un petit enfant. Ce fut des moments très durs. Il a été très difficile pour moi d’accepter que je ne pourrais plus marcher, même si les médecins avaient dit que je remarcherai à nouveau, car
je n’étais plus l’active jeune fille d’avant. Ces années de rééducation ont été très longues pour moi. Par moments, j’étais littéralement épuisée physiquement et mentalement. Je pensais que je ne serai plus en mesure de réaliser mon rêve de continuer mes études et faire mon PhD. Mais j’étais déterminée à le faire et je persévérais chaque jour pour marcher quelques pas en plus. J’étais déterminée à vivre une vie heureuse, enrichissante et au service des autres. Je
savais également que je devais être forte, car il allait être un aspect essentiel dans l’atteinte de mes objectifs de finir avec le plus haut diplôme dans l’enseignement supérieur aux Etats-Unis. Tout au long de mon parcours académique et professionnel dans le secteur bancaire aux Etats-Unis, en plus de cet accident, j’ ai rencontré d’autres défis liés à l’assimilation d’une nouvelle culture, d’un nouveau mode de vie, d’habitudes alimentaires différentes,
d’apprendre une nouvelle langue et un nouveau système éducatif. J’ai été également victime de racisme quand j’étais Manager à Wells Fargo Bank, ou j’ai été insultée un jour de «sale nègre» et menacé de mort par un client blanc, qui disait  : parce que j’étais noire, je ne devais pas lui parler, n’y travailler là-bas. Un autre moment dur aux Etats-Unis, car je ne pouvais croire, en ces temps, qu’à cause dela couleur de ma peau, j’allais être rappelée que je ne pouvais pas
travailler. Cependant, je n’ai pas laissé cette expérience m’atteindre d’une manière négative, au contraire, elle m’a forgée d’avantage à persévérer et croire que l’éducation est la seule issue pour faire changer les choses.
Un peu plus sur quelques accolades et rencontres inoubliables…
En dépit de ses situations difficiles, de mon lit d’hôpital, j’avais écris à trois universités et c’est Howard qui m’a tendu la main en m’offrant une bourse pour faire mon Doctorat et en même temps commencer à enseigner. Je suis sortie Major de ma promotion pour mon Doctorat, que j’ai fini en 4 ans, la première à le faire dans mon Département. Là où les élèves prenaient deux classes, moi j’en prenais cinq. Mes autres diplômes, je les ai eu avec honneurs, j’ai été nominé pour le
«Qui est Qui Parmi les Etudiants en Amérique». J’ai été également la première Africaine à être élue au poste de Présidente de l’Association des Universitaires Noirs-Américains, en 2012. Depuis sa fondation en 1989, j’ai été la 3ème personne à être Présidente deux années consécutives. Je suis aussi membre du Comité National Démocratique aux Etats-Unis, et je suis invitée chaque année à participer à la Convention des femmes leaders démocratiques, moments pendant lesquels j’ai eu à rencontrer le Président Obama, la Première dame Michelle Obama, le Vice-président Joe Biden, ainsi que Hillary Clinton. J’ai été également invitée à partager à plusieurs reprises mon expertise dans le domaine de la politique africaine et mondiale, des relations internationales ainsi que sur
le leadership des jeunes dans plusieurs pays et conférences, en passant par les Nations Unies à New-York et Genève. Des occasions où j’ai pu rencontrer et discuter avec des figures emblématiques en Afrique, comme Jerry Rawlings du Ghana ou Joaquim Chissano de la Mozambique. Mon plus beau souvenir est quand j’ai été l’invitée du Président des Etats-Unis, Barack Obama, et de la Première dame Michelle Obama à la Maison-Blanche, en Décembre 2014. La transition du journalisme au secteur financier et les Sciences Po.
En ce qui concerne le secteur financier, j ai toujours été intéressée par les chiffres, j’ai suivi une série scientifique au lycée, au Sénégal. Pour moi, il était important de pouvoir savoir comment manipuler et comprendre les chiffres, un budget et les finances dans tout ce que l’on fait. Donc, j’ai eu mon premier boulot dans ce secteur à Charlotte, en Caroline du Nord, après avoir obtenu ma Licence. J’étais motivée de plus à travailler à Wells Fargo, la banque où j’avais débuté comme Chargé de clientèle, car ils avaient un programme où ils pouvaient financer vos études en même temps que vous travaillez là-bas. Donc pour moi, c’était une opportunité à saisir pour pouvoir faire mon Master. Comme j’étais dans le milieu bancaire, j’ai pensé à faire un MBA avec une concentration en Finance, en
me disant que ça allait toujours m’aider, dans la vie et ma future carrière, d’avoir cette connaissance dans les finances. Lorsqu’on m’a promue Manager de la banque, j’ai pensé à améliorer mes compétences dans le domaine du leadership, et c’est comme ça que j’ai poursuivi mon autre Master dans le domaine des leaderships des organisations.
En ce qui concerne mon PhD en Sciences Politiques, c’est lorsque j’étais en rééducation, que l’idée m’était venue de me focaliser sur les politiques publiques, la gouvernance et l’appareil étatique. J’y lisais beaucoup et j’étais très intéressée par tout ce qui touchait le développement. Et à chaque fois, je me demandais ce que je pouvais faire pour mon pays. Je cherchais le secteur où je pouvais apporter un plus, par mes écrits ou mes recherches. Et c’est là où je me suis intéressée à l’Assemblée Nationale, parce que c’est une institution qui vous permet, en tant qu’élu, de contribuer aux réformes dans son pays. C’est dans ce sens que le thème de ma Thèse de Doctorat a porté sur les femmes parlementaires sénégalaises et sur leurs actions en faveur de la réduction des inégalités du genre par rapport
à la citoyenneté, la santé et le droit familial. L’autre raison de mon intérêt pour les Sciences Politiques se situe au niveau des jeunes, car demain, ce sont eux qui vont prendre la relève. Cela nécessite donc qu’on s’imprègne des systèmes politiques pour savoir comment mieux impacter positivement dans le développement de son pays. C’est comme cela que je me suis intéressée aux Sciences politiques. Car j’ai envie de faire bouger les choses, pour les jeunes, les femmes et la population en générale, et de mettre mon expertise et apporter ma contribution symbolique au profit du développement de mon pays et de l’Afrique.
Votre regard sur l’évolution des femmes dans le tissu social et économique en Afrique. En Afrique, ce n’est toujours pas évident pour la Femme. Elle n’a pas
encore trouvé la place qu’elle mérite dans la famille, la société et dans l’appareil étatique. Bien qu’on ait fait des progrès, il reste que la Femme africaine doit être plus valorisée. Les femmes souffrent, en effet, toujours de beaucoup de maux, notamment de certaines violences, comme l’excision, le viol, entre autres. Aussi, en Afrique,  la féminisation de la pauvreté demeure toujours un problème aigu. Beaucoup de femmes perdent toujours la vie à l’accouchement, beaucoup de jeunes filles continuent à subir les mutilations génitales, à être mariées très jeunes, et beaucoup de femmes sont victimes de trafic humain. Le quotidien des femmes en Afrique est toujours parsemée de difficultés, toujours à la recherche primordiale de quoi faire ou quoi vendre pour nourrir sa famille. Mais la Femme
africaine reste, malgré tout, je crois, la personnification de l’Espoir.  Elle représente la force du continent, mais aussi une opportunité. C’est pour cela que les femmes méritent d’être accompagnées, formées et qu’on leur facilite l’accès au micro-crédit, qui sera pour elles une forme spécifique d’entrepreneuriat. Il faut reconnaître aussi qu’il y a eu des avancées par rapport à l’évolution des femmes, mais elles ne sont pas suffisantes. Au Sénégal, par exemple, avec la
loi sur la parité, la Femme a été propulsée de l’avant à l’Assemblée Nationale. Il s’agit là d’un exemple de la prise de conscience de leur impact potentiel aux différents niveaux de décision de l’Etat. Cependant,il nous faut beaucoup plus de femmes, par exemple, qui s’assoient à la table et participent aux discussions avec les leaders sur les questions qui touchent l’économie, l’emploi, la génération de revenus, la résolution de conflits, la bonne gouvernance, etc. Les
femmes doivent être associées au Conseil de sécurité que tiennent  les gouvernements, par exemple. Les femmes doivent occuper des postes de responsabilité dans des secteurs, comme la défense et la sécurité, aux côtés des hommes qui occupent traditionnellement ces postes. En plus, je trouve qu’il n’y a pas assez de femmes ministres dans les gouvernements africains. Il faut davantage de postes nominatifs pour les femmes et que la sensibilisation auprès des hommes soit renforcée. Les femmes ne doivent pas faire des hommes leurs adversaires, mais leurs partenaires. En tout, pour améliorer cette évolution, il sera nécessaire, pour les gouvernements africains, de faire preuve d’une volonté politique soutenue, d’une détermination à appliquer les lois et politiques favorables aux filles et aux femmes. Ces dernières, elles-mêmes, doivent être convaincues qu’elles ont leur place et qu’elles peuvent être des actrices dans ce processus de développement.
Pour vous est-ce que les mesures incitatives, entre accompagnement, parité qui sont prises à l’endroit des femmes, suffisent pour mettre au grand jour leur engagement dans le tissu économique ?
Je trouve que ce n’est pas assez. Je dirai que ce sont des portes qui peuvent vraiment accéder à cela, mais ce n’est pas assez. Par exemple, le Sénégal et le Rwanda sont des pays uniques en Afrique et dans le monde, avec un nombre de femmes parlementaires que même les Etats-Unis n’ont pas. Mais, dans le cas du Sénégal, par exemple, si elles ne pérennisent pas et ne savent pas comment justement apporter une différence avec ce nombre, cette question de parité ne sert à rien. Comment, avec ce nombre, elles peuvent transformer la société sénégalaise ? Pour moi, cette question est essentielle et très importante à se pencher dessus lorsqu’on parle de cette question de parité. Si elles arrivent à s’entendre pour travailler ensemble et faire face aux problèmes et aux demandes de la population, je crois que ça va être un pas de gagné. Malheureusement, je pense que ça reste toujours, parce que cette histoire de parité est incomprise au Sénégal. La plupart du temps, on caricature la parité en disant que la femme doit être l’égal de l’homme. Je pense que ce n’est pas cela. C’est plutôt comment la femme va travailler avec l’homme pour un changement de la société. Il faut quand même féliciter les efforts du Sénégal dans ce sens, parce que notre culture est telle qu’on ne pouvait jamais penser qu’une loi comme la parité pouvait passer. Il faut maintenant qu’on aille jusqu’au bout, que cette loi soit vraiment une réalité au niveau de toutes les couches de la société. Je pense aussi avant que les femmes puissent jouer un rôle décisif dans le développement de leur pays, il faut que leur pouvoir, non
seulement politique et social mais aussi économique, soit renforcé. Il faudra aussi garantir la protection des Droits des femmes, condition essentielle à la mobilité économique. Puisque la réglementation des affaires, les lois sur la famille et l’héritage, sur le mariage, le marché du travail et sur les droits fonciers ont un impact direct sur la prise de décision économique et l’autonomisation des femmes. Il faut également l’accès à l’éducation pour les jeunes filles et femmes et l’accès à l’information ainsi qu’affirmer leurs droits. Il faudra lutter contre l’analphabétisme des jeunes filles et des femmes. Il faudra aussi faciliter aux femmes l’accès aux intrants agricoles et garantir la sécurité sur leurs terres. Il s’agira aussi de promouvoir l’entrepreneuriat féminin et accroître la participation des femmes à la gestion de la chose publique. En tout cas, il faut promouvoir le leadership féminin ! Dès qu’on parle de l’aide aux femmes qui participent au développement économique, on pense directement aux femmes qui vivent dans le milieu rural et qui ont des activités dans le secteur de l’agriculture. Pensez-vous que les femmes, au Sénégal comme en Afrique, sont capables de faire autre chose que cela ? Oui, je pense que les femmes peuvent faire autre chose que l’agriculture. Il faut cependant féliciter nos femmes africaines qui y travaillent durement et noter aussi que l’agriculture, en ce moment, est très importante, car c’est vraiment l’un des secteurs qui peut  permettre aux pays africains d’atteindre cette croissance nécessaire au bien-être de tous. Mais il y a d’autres métiers que les femmes
peuvent faire. Je reviens dans l’administration par exemple, au niveau de l’appareil étatique, parce qu’il y a beaucoup de positions où les femmes peuvent jouer un rôle extrêmement important, comme directrice d’agences de l’Etat, secrétaires générales, chef de cabinet, chef d’entreprise, conseillère, avocate, directrice de
banque, etc. Il faudrait beaucoup plus de femmes dans les postes de décisions. Et j’ajouterai, qu’il faut sensibiliser les femmes sur toutes les opportunités de métiers, et mettre à leur disposition, des outils, tant pour la formation, comme pour la mise en œuvre. Votre regard sur la vie des femmes cadres en Afrique.
Il reste à faire, en ce qui concerne le regard de la société sur la Femme cadre. Ce n’est pas facile pour elle. Concilier le travail de cadre et la maison est difficile des fois. Ses nombreux voyages dus au travail ou ses descentes tardives du boulot peuvent être source de tension dans le couple, si le mari n’est pas compréhensif des
responsabilités, des fois, énormes du poste qu’occupe sa femme. Ces situations d’autonomie des femmes cadres vont à contre courant des coutumes dont la société est habituée. D’autre part, il faut aussi noter que de nos jours, les hommes, habituels détenteurs du statut de Chef, se trouvent de plus en plus souvent  contraints de céder la place à leurs épouses. On constate de plus en plus le rôle croissant des femmes comme soutien de famille. Ainsi, les femmes sont de plus en plus amenées à jouer un rôle économique important et contribuent aux revenus du ménage. De ce fait, je pense que les femmes ont besoin, en effet, de plus de soutien et de compréhension de la part de leurs maris. La communication est la clé et elle est très importante. On ne peut pas avoir de grandes responsabilités au travail et avoir en même temps une vie de couple troublée. Cela va se sentir sur le travail. Il faut vraiment associer son conjoint et trouver quand même du temps pour sa famille. Il faut savoir, malgré tout, rester Femme. Il faut savoir équilibrer. Je conseillerai aux femmes exécutives, par exemple, d’aller une fois en mission avec leurs maris. Comme ça ils pourront voir, comprendre et apprécier le travail qu’elles font. Très peu de jeunes s’intéressent aux filières scientifiques en Afrique, alors qu’elles sont nécessaires au développement C’est bien de vouloir former des jeunes dans les milieux scientifiques, mais je crois qu’il faudra dans un premier temps spécifier, en fonction de chaque pays, les besoins qui correspondent à la demande du moment. Je dis cela parce que je me suis rendu
compte que beaucoup de jeunes font des formations dans des domaines qui ne leur offrent pas des débouchées. Ce qui a créé des situations de chômage et c’est là qu’on se plaint que l’Etat ne fait rien. Et moi, je pense qu’il faut se renseigner dument et faire des formations qui répondent aux besoins du pays. En tant que jeune, si ces domaines ne répondent pas à ce que l’on veut faire, c’est là ou je les exhorterai à s’investir dans l’entrepreneuriat et travailler pour soi-même. L’entrepreneuriat en Afrique n’est pas une fin en soi pour beaucoup de jeunes, mais une nécessité, une obligation, un moyen de survivre et de faire face à ses besoins. L’entrepreneuriat peut être une solution, mais si l’activité créée ne répond pas à un besoin, cela ne marchera pas non plus. Pour les femmes qui entreprennent, je dois les féliciter, car je trouve qu’elles font un travail extraordinaire. Vous savez, le taux de l’entrepreneuriat féminin est plus élevé en Afrique que dans toute autre région du monde. Je me demande même si la femme africaine n’est pas quelque part née entrepreneure, parce qu’elle passe tout
son temps à résoudre des problèmes. Et l’entrepreneuriat, c’est  résoudre des problèmes, apporter des solutions innovantes. C’est pour cela que les femmes doivent être accompagnées et formées  sur les bonnes façons de présenter leurs projets et trouver des financements. Il faut aussi leur faciliter l’accès au crédit. Il s’agit d’aller au-delà de la micro-finance, pour mettre à la disposition des femmes des montants beaucoup plus élevés à très faible taux d’intérêt remboursables sur une longue échéance. A cela, devra s’ajouter une assistance technique au moment opportun, afin de mieux outiller les femmes entrepreneures. En  considérant votre parcours, et tout votre argumentaire, dites-nous ce qui vous pousse à vous lever chaque matin, en tant qu’acteur de développement, pour faire avancer les choses sur le continent : votre leitmotiv. Je crois que le présent et le futur du continent se construira avec les jeunes. En tant que membre de cette jeunesse, je constate qu’il y a toujours beaucoup à faire. Après toutes ces années terribles que le continent a vécues à travers la colonisation et les défis des
cinquante premières années après l’indépendance auxquelles il a eu à faire face, le constat est là : le continent se cherche toujours, malgré les progrès qui font qu’il l’est l’un des continents le plus convoité aujourd’hui. Et c’est le devoir de chacun, en tant que jeune, de pouvoir s’investir maintenant dans le développement de son pays et du continent. Moi, je me dis toujours, «ne vois pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais cherche plutôt à connaître ce que toi tu peux apporter à ton pays». Pour moi, cela est extrêmement important. Cette citation du Président Kennedy est mon leitmotiv, c’est ce qui me pousse à l’action. Comme ça, dans cinquante ans, nos enfants pourront bénéficier d’une meilleure Afrique et en être fiers. En effet, l’image que les gens avaient de l’Afrique a commencé à changer. Et il est de notre devoir de continuer à travailler pour ce changement. Je persiste à dire que la jeunesse doit être formée et bien outillée, car c’est à elle que revient la construction d’une nouvelle et meilleure Afrique. Votre mot de fin pour les jeunes et les femmes. Il faut toujours persévérer. Il faut y croire et ne jamais se décourager. Il faut avoir de l’audace. Pour réussir, il faut être audacieux et ambitieux. Il faut savoir aussi que l’éducation n’a pas de prix, il faut miser dessus et obtenir le plus haut diplôme, car une fois que vous avez cela, personne ne peut vous l’enlever ou le prendre. C’est ce que j’ai appris de mon parcours. Il faut savoir également que les occasions n’attendent pas ceux qui prennent le temps de délibérer, il faut les saisir immédiatement, parce que le secret de la réussite dans
la vie est d’être prêt pour l’occasion, quand elle frappe à la porte. Aussi, dans tout ce que l’on fait, il faut toujours être excellent et rigoureux dans le travail. Malgré  les embûches et défis que l’on peut rencontrer, il faut toujours continuer le chemin avec détermination. Il ne faut pas non plus se laisser intimider dans la vie par les gens qui sont plus doués que vous. Au contraire, il faut prendre ces gens comme étant envoyés par Dieu pour vous motiver et améliorer vos compétences plutôt que de vous intimider. Il est aussi important de savoir ce que l’on veut être et ce que l’on veut apporter dans ce monde. Il est, en effet, important pour vous d’établir votre vision de la vie et de vous atteler à remplir votre mission. Je voudrais aussi exhorter les jeunes à croire au concept du service : être au service des autres. Car c’est en donnant aux autres que l’on vous donnera en retour. En tant que jeune Sénégalaise vivant aux Etats-Unis, je ne pensais pas être invitée un jour par le Président Obama et son épouse. Tout est possible. Il faut y croire. Il faut juste y mettre les moyens et ne jamais se décourager.

Never give up.

«En Afrique, la Femme n’a pas encore trouvé la place qu’elle mérite dans la famille, la société et dans l’appareil étatique»
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